Un éclairage pour mieux comprendre le stress.
Dans le cadre des semaines d'information sur la santé mentale, du 13 au 26 mars 2017, voici un éclairage pour mieux comprendre le stress.
Le stress est une notion floue, qui relève à la fois du biologique, du psychologique et du social. En France, 23% des salariés indiquent être stressés au travail (enquête SUMER 2010). Le coût du stress, en termes de soins, d’absences, de cessation prématurée de l’activité et même de décès a été évalué à près de 3 millions d’euros en 2007, en France. Pour limiter son impact sur les salariés, il semble nécessaire d’intervenir à la fois sur les conditions de travail et le management.
Définir le stress
La définition du stress au travail a été abordée au fil du temps de plusieurs manières, qui se sont succédées et qui cohabitent encore. Certaines relèvent davantage des sciences médicales :
Le modèle de Selye (1946) appelé « syndrome général d’adaptation » indique que lorsqu’un être vivant est face à une situation nouvelle, et particulièrement difficile, son organisme se prépare à l’action pour lui permettre de s’adapter. Il distingue ainsi trois phases : réaction d’alarme, résistance et épuisement
D’autres s’inspirent plutôt de l’ergonomie, et concernent spécifiquement le stress au travail, sujet central lors des séances de coaching.
• Pour le modèle de Siegrist « l’effort que fournit l’individu va être atténué par le sentiment que cet effort “est payé en retour” ».Cette « récompense » peut être aussi bien matérielle (rémunération) que sociale (reconnaissance) ou symbolique (sens donné à l’effort). Le déséquilibre entre les efforts fournis et la récompense attendue engendre du stress.
• Le modèle de Karasek croise deux types de facteurs de stress : la demande (forte ou faible) faite à l’individu et le contrôle (fort ou faible) que ce dernier peut exercer sur son activité. En d’autres termes, ce modèle croise la charge de travail de l’individu et son degré d’autonomie pour réaliser sa mission. Ce modèle permet d’établir une typologie des situations de stress au travail. Celles où le travailleur est soumis à une forte demande tout en ayant un faible contrôle de son activité, avec de surcroit un soutien social faible (caissières, serveurs), sont les plus stressantes.
Ce sont ces modèles qui servent en général de cadre aux diverses études sur le phénomène du stress au travail.
Comment repère t on le stress au travail ?
Les indicateurs du stress peuvent être de plusieurs ordres :
¬ Un fort taux d’absentéisme
¬ Un taux élevé des accidents du travail
¬ Un haut niveau de turn-over
¬ Des conflits personnels fréquents entre salariés
¬ Une augmentation significative des visites spontanées auprès du médecin du travail.
Les facteurs sont en lien avec la tâche à effectuer (monotonie, difficultés), l’organisation du travail (manque d’autonomie, imprécision des objectifs de travail, horaire incompatibles avec une vie familiale), l’environnement physique et technique du salarié et également le cadre socio-économique de l’entreprise.
Et le burn-out dans tout ça ?
Ce terme récent est employé pour la première fois en 1974 par le psychiatre américain Herbert Freudenberger dans son article « staff burn out ».
Littéralement, le burn-out signifie « brûler de l’intérieur ». Les cellules de votre organisme sont confrontées depuis tellement longtemps à un élément stressant qu’elles s’épuisent, se consument et disparaissent. C’est une usure à petit feu qui trouve souvent son origine dans le cadre professionnel. Le déclencheur est physiologique, et non psychologique.
C’est un processus, et non un état, qui présente donc différents degrés de gravité. Le sujet n’est pas obligé de « toucher le fond » pour rebondir. Une alarme peut se déclencher lui indiquant la nécessité de faire un break, de prendre du recul, de dormir et de lâcher prise. Les études scientifiques indiquent que les personnes très engagées dans leur travail, celles qui subissent le plus de tensions, qui sont en quête de reconnaissance, perfectionnistes à l’extrême et dévouées à leur entreprise sont les plus vulnérables à cet épuisement.
Que faire ?
Au niveau personnel, lorsque les signes de stress (tensions corporelles, irritabilité, insomnie,..) et de fatigue chronique ne disparaissent pas malgré les vacances, il est important de consulter son généraliste et/ou son thérapeute pour un bilan de santé complet. En parallèle, il est absolument nécessaire d’être accompagné pour constater la possibilité de faire autrement (savoir dire non, reconnaître ses limites, ne pas être constamment connecté).
Au sein de l’entreprise, le salarié peut, éventuellement, bénéficier de l’écoute du médecin du travail, lequel pourra faire passer des messages à la direction soit en termes de condition de travail (temps partiel, aménagement du lieu de travail..) soit au niveau du management.
Actuellement, les qualités humaines du manager sont mises en avant pour faciliter la communication, la qualité du travail et réduire le stress au travail.Quelque soit votre niveau de stress, l’ensemble des études conclut à la nécessité de lâcher prise ce qui demande un peu de travail sur Soi.
La problématique du stress au travail peut aussi s’envisager d’un point de vue plus positif : celui de favoriser le bien-être des salariés ». Les « think tanks » se multiplient aujourd’hui à tel point que les entreprises ont inventé la fonction de Happiness Manager. Le bien-être au travail semble aujourd’hui une préoccupation centrale et l’un des premiers facteurs de la performance individuelle et collective. Des chiffres impressionnants circulent : « un salarié heureux est deux fois moins malade, six fois moins absent, ou encore neuf fois plus loyal ».
A l’origine, le concept a été créé par Chade-Meng Tan, un ingénieur américain. 107ème salarié embauché par Google, il a changé de métier pour se concentrer sur le développement des personnes et leur bien-être. Il invente donc la fonction de « Jolly Good Fellow » (super bon camarade) et devient le premier M. Bonheur (aujourd’hui milliardaire et enseignant la méditation).